Le Nouveau-Brunswick et les A.C.V.



Trois mots nous ont inspirées pour écrire cette chronique. Adolescentes. Communication. Violence. (A.C.V.)
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Julie Rioux et Annik Deschênes
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Pour plusieurs adultes, le mot « adolescence » évoque l’image de la beauté, de la suprême jeunesse à la tenue vestimentaire provocante, aux multiples piercings, vivant des comportements téméraires, faisant la fête et ayant une sexualité des plus actives.

Mais d’où vient ce regard envers les jeunes?

Remontez dans vos souvenirs jusqu’à votre adolescence. Avez-vous souvenir de vous être sentie complètement incomprise? Jugée? Rejetée? Peut-être que les choses n’ont pas changé autant que nous le pensons. Prenons par exemple les relations saines et la violence chez les adolescentes. Une étude récente, faite auprès des jeunes au Canada, démontre que 46 % des filles de 11e année ont eu au moins un rapport sexuel. Pensez-vous que cette statistique est démesurément élevée comparativement « à votre époque »? Eh bien! L’étude précise que la proportion de jeunes filles ayant eu des rapports sexuels est restée relativement constante au cours des 14 dernières années.

Toutefois, d’autres recherches effectuées au Nouveau-Brunswick démontrent que 29 % des filles rapportent avoir été victimes de violence dans une relation. C'est 3 filles sur 10! Prenez un moment et regardez les copines de vos fils et de vos filles à la lumière de ces statistiques. Trois d’entre elles ont subi ou subiront une forme de violence, qu’elle soit de nature physique, psychologique ou sexuelle!

Si nous souhaitons guider et protéger nos adolescentes, nous devrions en tout premier lieu considérer notre position de modèle. Selon un sondage effectué en 2002, la majorité des Néo-Brunswickois croit que ce n’est pas un crime de frapper sa femme pendant une dispute et plus d’un tiers croit que c’est légal de forcer sa femme à avoir des relations sexuelles. Quels messages donnons-nous à nos enfants?

Revenant sur leur adolescence, des étudiantes, au début de la vingtaine, parlent de leurs parents comme étant des modèles importants et très puissants. Toutefois, elles mentionnent qu’ils ne semblent pas vouloir connaître ce qui se passe dans leur vie quotidienne, surtout en ce qui concerne leurs fréquentations. Ces faits les rendent encore plus mal à l'aise pour discuter sexualité, relations amoureuses, violence ou maltraitance.

En travaillant avec les jeunes depuis plusieurs années, Vague par vague observe que lorsque les filles possèdent les ressources adéquates, qu'elles reçoivent de l'aide, elles deviennent des plus motivées et sont capables de faire une grande difference.

Profitons du fait que les jeunes, entre eux, ont une grande influence sur leurs pairs. Les adolescentes d’aujourd’hui n’ont pas créé les problèmes de violence et d’agression, mais elles font partie de la solution, d’où l’importance d’écouter la voix de ces jeunes filles quand elles nous demandent de l’aide, de l’appui, des conseils.